Jeudi, 11 Mars, 2010



Judo : Ethymologie et Historique

                                                                            JU        DO

 

Le premier caractère, JU, peut être traduit par souplesse ; on le retrouve dans le terme Jujutsu par exemple, ou technique de la souplesse.

Le second caractère, DO, peut être traduit quant à lui par voie, chemin; on le retrouve dans le terme Kendo, ou voie du sabre.

Le JUDO serait donc littéralement la voie de la souplesse, avec une certaine consonance philosophique, due à cette recherche de la voie.

 

De façon schématique, on peut distinguer dans les arts martiaux japonais entre les plus anciens, directement issus des combats médiévaux, et adoptant le suffixe JUTSU, de leurs versions modernes, préférant quant à eux le suffixe DO. Ce changement de terme est d’importance, car il marque la volonté de préserver les techniques, en ouvrant leur apprentissage au grand public d’une part (à l’origine les arts martiaux sont l’apanage de la noblesse et des guerriers), et à la volonté d’une pratique moderne, préservant l’intégrité physique des élèves. Ainsi le Judo, tout comme le Kendo, l’Aïkido, et d’autres, vont voir des règles de combat être instaurées, des tenues spécifiques être adoptées.

 

Le Judo, avec le Karaté, est certainement l’art martial japonais le plus connu au monde, et le plus pratiqué. Fortement médiatisé, il est aujourd’hui facile et courant de pratiquer le Judo en France et dans beaucoup de pays, et a été reconnu discipline olympique en 1964 lors des Jeux de Tokyo, mais il faudra attendre Séoul (démonstration) en 1988 et véritablement Barcelone (compétition) en 1992 pour voir le judo féminin aux Jeux olympiques !

 

Héritier de la tradition martiale des guerriers japonais (bushis), le Judo est le fruit de la réflexion d’un seul homme, Sensei KANO Jigoro (1860-1938). Son objectif est de mettre au point un système d’éducation physique et de formation du caractère, basé sur le Jujutsu. KANO sera notamment fortement inspiré par les sports occidentaux, qui ont fait leur apparition au Japon depuis l’ouverture souhaitée par l’Empereur Mutsuhito. Il pratiquera d’ailleurs lui-même le baseball et la gymnastique.

Il fonde le Kodokan, sa propre école de Jujutsu en 1882, alors qu’il n’a que 22 ans.

 

Le judo pratiqué aujourd’hui se compose pour l'essentiel de techniques de projections, de contrôle au sol, d'étranglements et de clefs. Les judoka portent une tenue blanche, le judogi (improprement appelé kimono, qui est un vêtement médiéval japonais), composé d’un pantalon et d’une veste en toile renforcée permettant les saisies, fermée par une ceinture de couleur indiquant le grade du pratiquant. Le grade est une marque de l’ancienneté du pratiquant dans l’art martial, ainsi que sa maîtrise des techniques, ses valeurs morales, etc…

 

-         ceinture blanche – Rokukyu (6e kyu, débutant)

-         ceinture jaune – Gokyu (5e kyu)

-         ceinture orange – Shikyu (4e kyu, après un an de pratique assidue environ)

-         ceinture verte – Sankyu (3e kyu, passable la 2e année)

-         ceinture bleu – Nikyu (2e kyu, passable la 3e année)

-         ceinture marron – Ichikyu (1er kyu, passable la 4e année)

-         ceinture noire – Shodan (1er degré, passable après 5 années de pratique assidue)

-         ceinture noire – Nidan (2e degré)

-         ceinture noire – Sandan (3e degré)

-         ceinture noire – Yondan (4e degré)

-         ceinture noire – Godan (5e degré)

-         ceinture blanche et rouge – Rokudan (6e degré)

-         ceinture blanche et rouge – Sichidan (7e degré)

-         ceinture blanche et rouge – Hachidan (8e degré)

-         ceinture rouge – Kyudan (9e degré)

-         ceinture rouge – Judan (10e degré)

KANO Jigoro a été distingué de façon posthume avec une ceinture blanche large équivalent au 12e dan, et ce afin qu’aucun judoka ne dépasse jamais le maître fondateur du Judo. Au Japon, le respect passe également par une stricte reconnaissance de la hiérarchie.